Jacynthe Briand, 31 ans, présidente d’un organisme pour préserver l’environnement. Aime son travail, mais est toujours stressée. Le manque d’argent pour l’organisme, le manque de bénévoles, elle est sans cesse débordée et ne s’arrête jamais. Linda, une collègue, lui offrit de passer une fin de semaine à son chalet pour se reposer un peu. Quasiment de force, Jacynthe accepta l’offre pleine de générosité de sa collègue et lui promit d’enfin aller relaxer seule, chose qu’elle n’a pas fait depuis 7 ans. Allez la narration transparente s’en va, il est temps de laisser la place à cette femme qui est présentement en route vers le chalet qui changera complètement sa vie, la mieux placée pour vous raconter son histoire…
Comment fais Linda pour aller à ce chalet là tout un été? C’est un véritable trou perdu Ste-Anne-des-lacs! Depuis maintenant une heure, les seules choses que je vois, c’est d’énormes montagnes enneigées qui ont l’air à en faire qu’une, des arbres morts qui bourgeonnent et des rochers vandalisés où il est écrit des conneries du genre : " Élaine + Claude 1993 " Mais tout ces paysages du Nord sont magnifiques. Ce que j’aime, c’est qu’ils prennent encore soin de notre planète. Pendant le trajet, il y avait plein d’espaces où ils avaient planté de jeunes conifères… Me semble qu’ils ont assez d’arbres dans le Nord et que Montréal devrait faire pareil au lieu de polluer le Québec. Mais malgré mes valeurs, j’ai toujours préféré la ville. Oh, je vois enfin ma sortie! Après tout ce temps, je pensais que je la verrai jamais. Je suis rendu sur un chemin avec plein de bosses, de côtes, de tournants.. juste assez grand pour avoir deux voies. Je suis entourée de montagnes et de neige. Une fois de temps en temps, je vois un chalet au bord de la route ou des chemins menant à des endroits inconnus mais c’est rare. Après une demie heure, je vois enfin le petit chemin qui mène à la demeure où je me reposerai quelques jours…
À coté du chemin, il y a une maison avec plein de jouets d’enfants à l’extérieur, le chalet de Linda est plus sur la montagne, à environ cinq minutes en auto. Je n’ai pas d’autres voisins environnant. Je me stationne devant le chalet et j’y entre. C’est le portrait du chalet typique : Une cuisine-salon, une chambre et plein de vieux meubles. C’est parfait. De plus, avec tout le bois qui m’entoure, je suis sûre de ne pas me faire déranger. Je vide la glacière dans le frigdaire et pour la première fois depuis 7 ans, je m’assis. Je fouille dans ma sacoche, j’y sort un joint que ma nièce m’a donné pour " relaxer ". et je l’allume. Je prend une grande bouffée, je la tiens bien et je la relâche doucement. Je continue jusqu’à ce que je goûte le carton de mon paquet de cigarettes dans ma bouche et que mes lèvres brûlent. Je sens tout mes muscles se détendrent, une musique apaise mes oreilles, j’ai les paupières lourdes mais je suis bien. Je rêvasse et je ne regrette plus de prendre congé. Je pense à tout ce temps que je n’ai jamais arrêté un peu.. TABARNAK C’EST IMPOSSIBLE D’AVOIR FAIT ÇA! Enfin, du temps pour moi, c’est bien le plus beau cadeau que j’ai pu m’offrir.
Dehors, il commence à faire noir. On peut encore voir ce qui se passe autour mais plus loin, c’est moins évident. Je m’en vais sur le balcon. La lune qui est presque pleine est reflétée sur la neige qui couvre les arbres et une mince fumée s’évapore de chacun de mes souffles. J’entends le petit bruit discret dû au couple du vent et des branches, je les vois s’unir harmonieusement. Je m’ assois sur une marche de l’escalier et je regarde dans les bois. J’entends quelques petits craquements de pas qui s’enfoncent dans la neige, tout discrets et presque inaperçus. Je plisse les yeux en tentant de voir ce qui se passe. J’arrive à distinguer une petite silhouette, vraiment loin de moi. Elle avance à pas de souris jusqu’à un point que je ne vois pas, un arbre sûrement. Ça ressemble à un enfant, d’environ 7 ans. Les longs cheveux qui volent au vent me font conclure que c’est une petite fille. Que peut-elle bien faire dans la forêt au bon milieu de la nuit.!? Soudain, elle pousse un cri aigu perçant la sérénité nocturne. Des oiseaux s’envolent en masse, la petite fille part en courant vers la maison en bas de la côte. D’en haut, je peux voir 2 autres enfants quitter la maison, aller la chercher et la ramener à l’intérieur d’une manière autoritaire.
Quand ils sont rentré, un des enfants claquent la porte, ce qui produit de gros échos partout autour de moi et de nombreux de pas précipités dans les bois… sûrement des petits animaux. Mais je suis intriguée. Je me lève et je commence à me rendre vers l’endroit où la petite fille est allé. Les troncs des arbres sont très longs et espacés entre eux alors je n’ai aucune difficulté à m’y promener. Seulement le fait que ce soit en pente et la quantité de neige me complique un peu la tâche. J’avance… j’avance… il n’y a plus aucune lumière à part la lune, j’ai de la difficulté à voir. Je me sens observée, c’est bizarre mais je n’arrive pas à distinguer la moindre présence près de moi. Et je l’entendis, un grognement. Un grognement d’agonie et de rage, indescriptible. Je n’arrive même pas à savoir si c’est un humain ou un animal. La peur m’envahit en même temps que la tentation d’aller plus loin, de résoudre le mystère. J’entends des branches craquer pas très loin de moi et des bruits de pas qui s’approchent. Je respire très fort, comme si j’avais couru des kilomètres, je ne contrôle plus mon souffle. Les pas sont de plus en plus près, je commence à ressentir une présence inconnue, un nouveau souffle se mêle au mien. Non, maintenant je n’ai plus peur, c’est la terreur qui prend le dessus. Je m’apprête à partir en courant vers le chalet quand je le sentis. Sa main qui attrape ma cheville fortement, qui veut m’empêcher de partir. Cette personne couchée au sol qui me voit mais que je n’arrive pas à distinguer. La terreur, la frayeur, la démence.. je n’ai plus de mots criss. Je lui écrase la main de mon autre pied et je cours. Je l’entends se lamenter mais je ne m’arrête pas et je rentre au chalet et je colle mon visage dans la fenêtre. Quinze minutes plus tard, je distingue une silhouette rampante sortir des bois. Un humain qui ne semble pas avoir tout ses morceaux, faible. En voyant que je l’observe, elle lève la tête, me fixe brièvement et s’en retourne avec difficulté dans les bois. Je n’arrive pas à dormir. Chaque craquement du chalet me fait claquer des dents et chaque ombres autour me donnent des frissons. Que peut il bien se passer dans un endroit aussi paisible.. si il l’est vraiment ! Et je dois faire quelque chose si la vie des enfants d’à coté sont en danger. Demain matin, j’irai les voir, oui, demain matin …
À suivre ..
J'espère qu'à date ça vous plait. Je divise cette histoire en plusieurs parties pour faire durer votre plaisir.. et le mien =P Merci de me laisser vos impressions
Ça me plait